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Le Journal

Hammam-Lif tombe en ruines et ça ne dérange personne

lun..18.08.14
Où sont les autorités ? Où est le ministère de la Culture et de la sauvegarde du Patrimoine ? Où est le Secrétariat d’Etat de l’Environnement ? Où est le gouvernorat de Ben Arous ?  Où est le gouverneur ?

 Où sont tous ces responsables censés s’occuper de la situation catastrophique de la ville d’Hammam-Lif et qui continuent bizarrement à la gérer avec une passivité étonnante et une indifférence complice ?!!

Depuis des décennies, la ville beylicale ne cesse de vivre une déchéance épouvantable à fendre le cœur de tous les enfants de cette ville. Et l’époque fastueuse où Hammam-Lif faisait encore la fierté de la banlieue Sud semble être renvoyée aux calendes grecques.

Transformée en ville populaire sous l’ère de Bourguiba, polluée, ignorée, délaissée et intentionnellement marginalisée sous le régime de Ben Ali, Hammam-Lif a continué sa descente aux enfers après la révolution jusqu’à arriver à vivre les pires moments de son histoire durant cet été 2014.

En effet, l’anarchie n’a jamais atteint une telle ampleur qu’aujourd’hui. Et il suffit de faire un petit tour au centre-ville, au marché, à la plage ou même aux stades pour s’en rendre compte.

Face à l’absence totale de toute forme d’autorité, Hammam-Lif s’est transformé en une ville hors-la-loi où chacun fait à sa guise.

Du côté du centre-ville et des rues avoisinantes, le passage des piétons ou même des voitures est devenu un vrai calvaire, puisque les commerces, les cafés et les kiosques construits anarchiquement, ont non seulement squatté les trottoirs mais aussi les chaussées, dans une impunité absolue et un total mépris de la loi.

Devant l’absence de contrôle sérieux et efficace, les constructions anarchiques se sont multipliées comme des champignons à travers la ville, au grand dam d’une municipalité impuissante dont les appels au secours pour mettre un terme à cette gabegie et exécuter les arrêtés de démolition, sont toujours tombés dans les oreilles de sourds.

Du côté de la plage et en plus du fait qu’ils sont obligés de supporter la pollution de la mer et de ses odeurs nauséabondes à cause de la stagnation des eaux polluées déversées par les embouchures de l’ONAS du côté des fameuses digues, les habitants vivent un calvaire chaque nuit à cause de la pollution sonore.

Dans une impunité étrange, chaque commerce et chaque hutte se permettent d’organiser des spectacles et des animations en usant de baffles dérangeants jusqu’à une heure très tardive de la nuit.

Mais le plus grave et le plus inquiétant reste l’état des monuments historiques et emblématiques.Les fleurons de la ville, à l’instar du Palais Beylical, du Casino, du Hammam-Essourri, de la Sirène, du stade Municipal (ouvert seulement 2 ans depuis 2000), qui faisaient  jadis la fierté de la ville, ont continué leur décadence.

Les nombreux appels lancés à travers les médias et sur Internet et les nombreuses pétitions signées pour les sauver, sont demeurés sans réponse devant la passivité étonnante et complice de tous les gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays depuis la révolution.

Après l’abandon du Palais Beylical aux familles qui l’ont squatté et qui l’ont transformé en « Oukala », bien qu’il soit classé  monument national,  Hammam-Lif  a vécu, dans l’indifférence totale, deux tristes événements ces derniers jours. L’incendie qui a ravagé son mausolée fétiche de « Sidi-Bourigua », puis la chute d’une partie du toit du Casino.

Bien qu’il soit classé lui aussi patrimoine national, le Palais du Casino longtemps exploité comme un bar, est dans un état de délabrement avancé.

Fermé depuis un an, après la fuite de son exploitant qui n’a pas payé un dû de 250 mille dinars à la municipalité locale, le Casino risque de connaître le même sort que le Palais Beylical et le Hamam-Essouri.

Malgré les promesses de la direction de la protection du patrimoine au sein du ministère de la Culture, qui a expédié à maintes reprises ses représentants pour étudier la situation, rien n’a été fait pour sa rénovation.

Il semble que le coût de cette rénovation, estimé à 750 mille dinars, a découragé les responsables du patrimoine et a bloqué le projet.

Entre-temps, Hammam-Lif et ses monuments agonisants continuent leur lutte pour la survie. Ce qui a poussé les associations de la vie civile et les amoureux de la ville à se mobiliser et s’organiser pour prendre les choses en main, afin de sauver le patrimoine perdu de cette ville.

L’élection d’une façon démocratique d’un conseil municipal constitué de vrais enfants de la ville, la séparation avec le gouvernorat de Ben Arous qui n’a jamais servi Hammam-Lif à sa juste valeur et la création en urgence d’un gouvernorat à Hammam-Lif pour corriger l’erreur historique d’inclure la ville des Beys et des bains à ce gouvernorat de Ben Arous, sont désormais les objectifs de cette campagne lancée par les Hammam-Lifois plus que jamais mobilisés pour sauver leur ville.

 Kais Ben Mrad


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