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Le Journal

Orange Tunisie s'installe doucement, mais sûrement

jeu..14.07.11
Alors qu’en France, Orange vit dans l’angoisse de l’arrivée de Free comme quatrième opérateur mobile sur un marché mature, en Tunisie c’est lui qui joue les trouble-fête comme dernier entrant sur un marché en croissance rapide.

Arrivée en mai 2010 au “pays du jasmin”, la marque phare de France Télécom a conquis, depuis, 10 % du marché, un million de clients sur une population d’un peu plus de 10 millions. Ses infrastructures couvrent maintenant 80 % de la population. Un utilisateur sur quatre de l’Internet est client d’Orange.

Le secret de ce succès ? « L’appétit des Tunisiens pour la nouveauté et leur confiance dans une marque française », explique le directeur général d’Orange Tunisie, Thierry Marigny. Orange a introduit la 3G en Tunisie et a été le premier opérateur à lancer l’iPhone au Maghreb. Après une révolution où Internet a joué un rôle important, la soif de téléchargement des Tunisiens a fait le reste.

Ainsi veulent-ils avoir accès à YouTube ou Dailymotion, interdits sous Ben Ali. Un réseau d’une vingtaine de boutiques en propre qui n’a rien à envier en modernité aux magasins Orange des grandes villes françaises, 800 points de vente au total commercialisent les clés 3G et autres box wi-fi de la marque. La très faible implantation des lignes de cuivre du téléphone fixe explique aussi le rapide développement du mobile et de la 3G.

Un personnel jeune (1 100 collaborateurs, moyenne d’âge 30 ans), très motivé dans un pays qui compte 750 000 chômeurs, dont 160 000 diplômés, permet d’envisager l’avenir avec sérénité.

À condition cependant que soit soldé l’héritage de la période Ben Ali et levés les doutes qui ont pu peser sur les conditions de l’arrivée d’Orange en Tunisie. Le gouvernement provisoire a lancé, sous la pression populaire, une vaste opération mains propres : une commission de lutte anticorruption examine les dossiers suspects. Des procès sont en cours.

Comme tous les investisseurs français d’importance, Orange a dû, pour s’implanter, s’allier avec un partenaire local proche de l’ancien pouvoir. Il se trouve que son actionnaire local à 51 %, Marwan Mabrouk, est le gendre de Ben Ali : il a épousé Cyrine Ben Ali, la troisième fille de l’exprésident. Voilà qui est de mauvais augure pour Orange. Car les 51 % du gendre de Ben Ali, ou au moins les 25 % appartenant son épouse dans Investec, la société qui contrôle Orange Tunisie, sont susceptibles d’être confisqués.

Dès janvier 2011, Sébastien Crozier, le président du syndicat CFE-CGC/Unsa de France Télécom faisait savoir que Marwan Mabrouk avait fui le pays. Rumeur vite démentie par l’intéressé. Mais, figurant sur une liste de personnalités passibles de poursuites, il avait vu son avion personnel saisi par les autorités françaises. Les insurgés avaient mis à sac un supermarché Géant, enseigne de Casino contrôlée par la famille Mabrouk. Bref, le climat était détestable, alimenté par quelques articles alarmistes dans la presse française.

Marwan Mabrouk était-il si proche de Ben Ali ? Le président-directeur général de France Télécom, Stéphane Richard, affirme que non, rappelant que la famille Mabrouk est dans les affaires depuis 1948, bien avant Ben Ali et qu’elle n’a pas été associée aux quinze dernières années du régime.

Début juillet, Stéphane Richard était en Tunisie avec une partie de son état-major. Il a rencontré le ministre des Finances Jalloul Ayed avec l’ambassadeur de France. Il a été entendu par un représentant de la commission de lutte anticorruption et de la Cour des comptes. La pression semble s’alléger sur la famille Mabrouk.

Reste à lever les soupçons sur les conditions d’obtention de la licence. Sur ce point, Stéphane Richard paraît serein. « Nous l’avons payé 130 millions d’euros, directement versés au Trésor tunisien. Un prix élevé comparé aux 240 millions payés par Free pour la quatrième licence en France, pays six fois plus peuplé. » Mais le cahier des charges n’était-il pas fait sur mesure pour permettre à Marwan Mabrouk de remporter l’appel d’offres ? Stéphane Richard fournira tous les apaisements nécessaires aux autorités tunisiennes, affirme-t-il.

La Tunisie est certes un petit marché pour France Télécom. Mais l’opérateur, confronté sur son marché historique suréquipé à une concurrence très vive dans un contexte réglementaire défavorable aux anciens monopoles, compte beaucoup sur l’Afrique et le Moyen-Orient pour sa croissance.

Marc Rennard, qui dirige les opérations d’Orange en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient, rappelle que l’Afrique comptera 400 millions d’habitants de plus dans quinze ans, qu’elle sera trois fois plus peuplée que l’Europe en 2050 et qu’en surface elle représente dix fois l’Inde. D’où la présence d’Orange dans vingt-quatre pays d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient, dont seize où il est leader ou numéro deux. De la Guinée-Bissau où Orange compte 200 000 clients, à l’Égypte où la société en compte 30 millions, partout l’opérateur est à la conquête des marchés.

Pour cela, il n’hésite pas à innover, proposant par exemple en Côte d’Ivoire un système de transfert d’argent et de paiement par téléphone mobile qui n’existe pas encore en France.
Mais l’Afrique reste un continent pauvre où il faut montrer son utilité sociale pour ne pas être rejeté.

Sponsor de la Can (Coupe d’Afrique des nations) sur un continent où le football est une religion, initiatives sociales par l’intermédiaire de la Fondation Orange dirigée par l’ancien ministre de la Culture et directrice exécutive du groupe, Christine Albanel, tout est bon pour rendre la société sympathique dans son environnement.

Néanmoins, celui-ci demeure très troublé : outre la révolution tunisienne, Orange aura eu à faire face cette année à celle qui a secoué l’Égypte ainsi qu’au début de guerre civile en Côte d’Ivoire. Difficile d’être sympathique à tout le monde en conservant les indispensables bonnes relations avec des pouvoirs à la légitimité précaire.


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