Tunisie : la libération des interpellés de Sidi Bouzid ne calme pas la tension
mer..15.08.12
La libération de 10 personnes interpellées lors des derniers incidents de Sidi Bouzid n’a pas empêché la ville, d'où est partie l'étincelle de la révolution qui a emporté le régime dictatorial de Zine El Abidine Ben Ali, d’être paralysée par une grève générale hier, cette ville du sud-ouest tunisien.
A l'appel de la centrale syndicale UGTT (Union générale tunisienne du travail), les protestataires ont réclamé « le droit au développement » de cette région pauvre où le taux de chômage des jeunes est élevé. Quelque 3.000 manifestants ont parcouru les différentes artères de la ville sans incident scandant des slogans hostiles au mouvement islamiste Ennahdha au pouvoir, appelant à la démission du gouvernement.
Dans un communiqué, l'UGTT a fermement dénoncé le climat de tension et la détérioration de la situation dans la région de Sidi Bouzid. Celle-ci « risque de s'enliser davantage si des solutions ne sont pas apportées pour impulser l'investissement et pour remédier à la marginalisation et au chômage dans la région », met en garde la centrale syndicale.
Pour sa part, le porte-parole du gouvernement Samir Dilou a dit à la radio Mosaïque FM comprendre le mouvement de protestation des jeunes de Sidi Bouzid et les difficultés auxquelles sont confrontées les régions démunies. Il considère cependant que la grève générale décrétée à Sidi Bouzid « n’est pas justifiée » et que « les demandes populaires doivent rester dans leur cadre ».
|